Rome 2017

Vendredi 20 janvier

Photo du groupe à la Galerie BorghèseNous avons eu beaucoup de chance pour ce dernier jour : le soleil et des températures clémentes étaient au rendez-vous. Les valises bouclées, le petit déjeuner pris, nous étions prêts pour notre dernière escapade romaine.

C’est d’abord à l’église Sainte-Marie-du-Peuple que nous nous sommes arrêtés. Le lieu est riche de très nombreuses œuvres d’art. Une chapelle réalisée par Raphaël, une autre ornée de fresques de Pinturicchio, et la plus belle, qui est décorée de deux toiles de Caravage. La Crucifixion de Pierre et la Vocation de Paul sont deux chefs-d’œuvre importants dans la carrière du peintre. Ils témoignent à leur tour de l’influence fondamentale de Michel-Ange dans le développement de l’art à Rome au XVIIe siècle. En effet, Michelangelo Merisi cherche perpétuellement à se mesurer à son illustre homonyme du siècle précédent et multiplie les citations dans ses propres œuvres. Dans les toiles de la chapelle Cerasi, le peintre s’est simplement contenté de modifier l’aspect des corps pour conserver la pause inventée par Michel-Ange à la chapelle Pauline du Vatican.

Les derniers moments de libertéAprès ce dernier édifice religieux, nous sommes partis à l’assaut du Pincio, le grand parc public du nord de Rome. Au cœur de ce poumon vert se trouve la célèbre Galerie Borghèse qui rassemble les collections de la famille princière constituées à partir du fonds du cardinal Scipion Borghèse. De Bernin à Canova en passant par Raphaël et Titien, les chefs-d’œuvre sont innombrables. Le Rapt de Proserpine et l’Apollon et Daphné du Bernin ont beaucoup impressionné nos élèves. La beauté, l’élégance et la sensualité de ces œuvres ne peuvent laisser indifférent et personne ne s’est laissé tromper. La Madone des Palefreniers du Caravage et l’Amour sacré et l’Amour profane du Titien ont été, pour les peintures, celles qui ont suscité le plus d’attention et d’émotion. Les deux heures de visite ont été bien remplies et chacun a pu se repaître de beauté avant de rentrer à Paris.Jeter sa pièce dans la fontaine de Trévi

De retour sur la place d’Espagne, nous nous sommes séparés pour notre dernier déjeuner. Certains voulaient en profiter pour sacrifier une nouvelle fois aux rites de Rome. Une pièce dans la fontaine de Trévi pour être sûr de revenir, une glace, un café ou simplement pouvoir apprécier pleinement la beauté des couleurs de la ville sous ce fabuleux soleil de janvier, chacun a pu choisir ce qu’il voulait faire pour jouir pleinement de ces derniers instants avant le retour.

À 17h, le bus nous attendait pour nous conduire à l’aéroport et après un vol légèrement retardé nous avons pu regagner nos pénates. Aujourd’hui, la vie quotidienne a repris son cours et les élèves vont vite retrouver le chemin des salles de classe. Les organisateurs espèrent qu’ils garderont d’excellents souvenirs de ces quelques journées et qu’ils voudront retourner approfondir la découverte des merveilles de la Ville éternelle.

À bientôt pour d’autres aventures !

Retour à Paris

Notre retour à Paris est attendu ce soir en provenance de Rome Fiumicino qui partira à 20h25 et arrivera à Paris Orly Terminal Ouest à 22h35.

30 minutes de retard sont d'ores et déjà annoncées !

Jeudi 19 janvier

Notre journée a été consacrée à un – long – parcours à travers les principales églises de Rome. Sous un radieux soleil, comme seule l’Italie sait en offrir, nous avons commencé par le quartier du Quirinal. Une halte à Sainte-Marie des Anges nous a permis de voir les travaux réalisés par Michel-Ange pour adapter les thermes de Dioclétien au culte. Le frisson n’a pas été pleinement partagé et cette modification n’a remporté qu’un demi-succès face à nos critiques à l’œil d’autant plus sévère qu’il est maintenant bien exercé. La chapelle CornaroEn revanche, la chapelle Cornaro de Sainte-Marie-de-la-Victoire a obtenu plus de suffrages. Mais comment rester insensible devant le génie avec lequel Le Bernin a su rendre la transverbération de Thérèse d’Avila ? L’abandon des muscles, la sensualité de la pause, le velouté du marbre, tout concourt à faire de ce groupe de statues une œuvre indépassable. Les plus moqueurs n’ont pu s’empêcher de formuler quelques réflexions sur la nature de l’extase qui emporte Thérèse, Jacques Lacan aurait été fier de nos élèves !Les Versaillais place Navonne

D’un pas décidé, nous avons remonté l’ancienne via Pia pour arriver au Quirinal. Le chemin a été ponctué de trois brèves haltes pour admirer quelques bijoux baroques comme les églises Saint-Charles-aux-Quatre-Fontaines de Borromini et Saint-André-du-Quirinal du Bernin. Déjà, il nous fallait redescendre vers le Champ de Mars pour nous consacrer à Caravage. C’est d’abord à Saint-Louis-des-Français que nous nous sommes arrêtés pour voir les trois toiles du cycle de saint Matthieu. Sans éclairage artificiel, il nous a été possible de mieux comprendre comment le peintre avait structuré son travail et ainsi de saisir la plénitude du sens que l’artiste a voulu leur donner. Enfin nous avons fait quelques pas supplémentaires pour aller voir la Madone de Lorette à l’église Saint-Augustin. Même démarche pour un résultat identique et une conclusion qui s’est imposée d’elle-même : en histoire de l’art, il est nécessaire de saisir le contexte de création et d’exposition pour bien comprendre les vrais enjeux d’une création.

Le tempietto de BramanteLa pause de midi a été bienvenue. Elle nous a permis de reprendre quelques forces pour la dernière épreuve de la journée. Celle-ci a commencé place Navonne autour de la célèbre fontaine des Quatre Fleuves puis s’est prolongée jusqu’au Palais Farnèse. La résidence de l’ambassadeur de France, remodelée par Michel-Ange au milieu du XVIe siècle, a donné un certain sentiment de fierté et à tout le monde l’impression que nous étions bien chanceux d’avoir un tel monument pour représenter notre pays en Italie. Il nous restait à quitter le cœur de Rome pour découvrir rapidement le Trastevere. Ce quartier populaire vit encore à un rythme qui échappe aux flots des touristes. Nous avons pu tranquillement monter à Saint-Pierre-de Montorio pour contempler le charmant tempietto de Bramante sans rencontrer grand monde. Il est à croire que ce petit temple rond, le premier édifice de cette forme construit à la Renaissance, n’est guère prisé des circuits touristiques et on ne peut que le regretter !

Après les photographies de l’impressionnant panorama qui s’offrait à nous, le groupe est redescendu vers la place centrale du quartier pour contempler l’église Sainte-Marie-du-Trastevere. Les mosaïques de l’abside sont splendides et ont été réalisées par Pietro Cavallini, un des maîtres de l’art italien du Moyen-âge. La soirée arrivant, les élèves ont pu bénéficier d’une petite récréation dans le quartier avant d’aller dîner dans un des restaurants de la via del Moro. La bonne humeur était au rendez-vous à la grande satisfaction de tous les convives.

Il faut maintenant penser au départ et préparer les valises, demain nous serons de retour…

Mercredi 18 janvier

Si, sur le papier, le programme d’aujourd’hui paraissait plus léger, ce n’était bien qu’une illusion. Après une nuit de sommeil réparatrice, nous sommes partis pour la basilique Saint-Pierre. L’horaire matinal nous a donné un avantage incomparable sur les touristes : il n’y avait personne. Pendant un long moment nous avons pu avoir les lieux pour nous seuls. Le groupe place Saint Pierre de bon matin !L’imposante église baroque n’en a pas moins gardé son caractère impressionnant, son ampleur, la splendeur de ses marbres n’ont pas manqué de frapper beaucoup de nos élèves, tout comme le baldaquin du Bernin ou la statue de Pierre par Arnolfo di Cambio. Aucun n’a cependant osé aller embrasser son pied comme d’autres visiteurs n’hésitaient pas à le faire. Parmi les œuvres qui ont été le plus appréciées se trouve évidemment la très émouvante piéta de Michel-Ange. La vitre blindée qui la protège n’enlève rien à la puissance expressive de cet autre chef-d’œuvre du grand génie de Florence. Cependant, l’unique objet des interrogations ne portait pas sur Saint-Pierre, mais bien sur la chapelle Sixtine. « Quand va-t-on à la Sixtine ? » est une des questions que les accompagnateurs ont le plus entendu ce matin !

Avant de céder à cette requête d’autres œuvres méritaient une petite visite. Pourquoi ignorer Raphaël ou Caravage lorsqu’ils sont tout près ? C’est donc par la pinacothèque vaticane que nous avons commencé notre découverte des musées. La Transfiguration, ultime toile de Raphaël, ne demandait qu’à être admirée ! Il pourrait être rapidement fastidieux de décrire toutes les œuvres que nous avons pu voir durant cette journée. Leur diversité – peintures, sculptures, tapisseries, fresques – n’a d’égal que leur beauté et leur célébrité. De l’Apollon du Belvédère aux œuvres contemporaines, l’intérêt du groupe ne s’est pas démenti, malgré la fatigue qui commençait à poindre.

LDes gourmands au Pizzarium !’heure tant attendue est enfin arrivée ! La Sixtine a encore une fois ébahi tous ceux qui n’avaient jamais eu la chance de la voir. Est-il nécessaire de dire que ceux qui la connaissaient ne sont pas restés insensibles non plus à la force évocatrice de ces lieux ? Les conditions de visite ne sont jamais idéales tant la foule se presse, il a donc fallu que des petits groupes se forment, les élèves de terminale L ont joué leur rôle de cicerone à merveille et ont expliqué à leurs camarades toutes les subtilités de la création de Michel-Ange. Le Jugement dernier, la voûte, aucun élément n’a été laissé dans l’ombre et c’est avec un grand plaisir que nous avons vu ces guides débutants remplir leur office avec tant de talent.Le pont Saint-Ange

La pesanteur de notre humaine condition s’est malgré tout rappelée à nos esprits éblouis par la puissance de création de Michel-Ange : il fallait commencer à prévoir le déjeuner. Sorti du Vatican, notre groupe s’est divisé. Certains ont choisi de rester dans les hautes sphères de l’art en allant rendre une visite aussi courtoise que gastronomique au maestro Bonci qui tient le célèbre Pizzarium. Les émotions esthétiques ont donc laissé place à un plaisir gustatif qui n’a pas été boudé !

L’après-midi a été plus tranquille et reposant. Certains en ont profité pour faire une découverte de la dolce vita en arpentant la via Vittorio Veneto quand d’autres ont préféré se cantonner vers la via del Corso. Nous nous sommes retrouvés à 18h pour rejoindre l’Ara Pacis augustae puis la piazza Borghèse avant de gagner le restaurant qui nous accueillait ce soir. Après un repas au son d’une Castafiore pleine de bonne volonté, nous sommes repartis vers le Château Saint-Ange et l’hôtel pour un repos bien mérité.

Mardi 17 janvier

Sainte Marie Majeure sous le soleilDe bon matin, nous sommes partis par les chemins, non pas à bicyclette, mais en métro jusque sur les pentes de l’Esquilin. Notre emploi du temps de la journée était riche en églises médiévales. Le circuit a commencé à Sainte-Marie Majeure. Le soleil, radieux, illuminait la façade de la basilique et mettait en valeur la coexistence stylistique si chère aux Romains. Un campanile de briques du XIIe siècle domine une loggia baroque de marbre blanc. L’intérieur est tout aussi composite. Sous une chape de bronze et de dorures, on peut admirer tout un éventail de l’art de la mosaïque. Si celles de la nef sont difficilement lisibles, celles de l’abside sont magnifiques de couleurs et leur sujet – le couronnement de la Vierge – est vraiment novateur pour leur période de création. Une discrète chapelle de Michel-Ange n’a guère été remarquée, mais était-elle vraiment remarquable ?

Le Forum romainNous sommes ensuite allés vers la petite église Sainte Prassède. Sa richesse est inversement proportionnelle à sa taille. Son programme iconographique est d’une grande complexité et a donné l’objet à des commentaires tant esthétiques et techniques que sur la question, très importante au Moyen-Âge, de la symbolique des nombres. Tout cela n’était qu’une mise en bouche pour affronter les grands sites de notre journée : l’église Saint-Pierre-aux-Liens avec le fabuleux Moïse de Michel-Ange et le Colisée. L’œuvre de Michel-Ange s’impose par sa grandeur et sa force. Le regard déterminé du prophète a fortement impressionné nos visiteurs et certains ont même admis une véritable admiration pour cette statue. Le Colisée était attendu et la déception n’a pas été au rendez-vous, bien au contraire ! Nous avons pu voir l’amphithéâtre sous un beau soleil ce qui a largement contribué à son succès, si l’on en juge au nombre de photos qui ont été prises. Cette matinée, bien remplie, s’est conclue par une pause méritée dans le quartier des Monti, l’un des plus populaires et authentiques de Rome.

Notre groupe dans la galerie du musée du CapitoleEnfin, l’après-midi a été consacrée à un rapide parcours du forum romain et surtout à la découverte du Capitole, la plus illustre des sept collines de Rome. La place, chef-d’œuvre de l’urbanisme de la Renaissance, a été réalisée par Michel-Ange à la demande du pape Paul III, elle n’a pris son aspect définitif qu’en 1940. Outre le palais sénatorial, siège de la mairie de Rome – quelle permanence des pouvoirs politique de l’Antiquité à nos jours ! – les lieux abritent le musée du Capitole que nous avons découvert. C’est par la statuaire romaine que nous avons commencé pour ensuite aller saluer le Brutus capitolin, dont les yeux ont traversé les siècles, et surtout la légendaire louve, symbole par excellence de la ville.

Pour conclure cette journée riche en découvertes, nos pas se sont séparés pour quelques minutes afin que chacun puisse profiter à sa guise du centre de Rome. Pour certains, les plus gourmands, cette halte a été l’occasion d’une nouvelle pause salvatrice chez Giolitti qui décidemment semble devoir remporter la palme du lieu le plus accueillant des jeunes gens fatigués !

Samedi16DécembreSemaine 50 | AliceYDernier croissant

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